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MA MADELEINE DE PROUST

Voyage dans le Nord du Brésil et découverte des Lençois Maranhenses

J'AI LONGTEMPS PENSÉ QUE CE PARADIS N'EXISTAIT QUE DANS MES RÊVES, C'EST EN 2019 QUE J'AI RÉALISÉ QU'IL ÉTAIT BIEN RÉEL. 

Par Samuel de Terra Brazil

Je n’avais jamais eu le courage de revenir au Brésil.
Par peur d’être déçu surtout, peur de me rendre compte que les paysages visités, les moments vécus n’avaient pas été si merveilleux que ça. 
Symbole de ce paradis perdu, le Parc des Lençois Maranhenses, un désert de dunes de sable blanc entrecoupé de lagunes d’eau douce. 
Je me souviens de mon impuissance face à mes amis Grenoblois qui me traitaient de fou, pire, de menteur quand je leur décrivais cet endroit si irréel, ineffable.
J’en étais presque venu à me dire que je l’avais rêvé. 
 
Pour ça, je n’ai jamais eu le courage de revenir au Brésil.
Jusqu’à cette soirée d’avril.
 
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Mais revenons en arrière. 
 
J’ai eu la chance de connaître le Brésil enfant, à l’âge où un rien émerveille et rien ne fait vraiment peur. 
À quelques jours de notre retour en France, après plus d’un an sur São Paulo, nous décidons en famille de clore ce chapitre par la découverte du parc des Lençois Maranhenses
 
Les Lençois est un désert bordé par des rivières et par la mer. Tous les ans à la saison des pluies, se créent des lagunes d’eau douce, certaines éphémères et d’autres restent présentes toute l’année. C’est un lieu unique au monde.
 
À ce moment-là, ce n’est qu’un point sur la carte, un énième paysage à visiter avant de rentrer dans l’hiver grenoblois. C’est ce que je me dis. En vérité, j’essaie déjà de me détacher de ce pays qui m’a tant fait grandir. Le quitter me brise le cœur.
 
On est en novembre 1996, j’ai 11 ans et face au décor lunaire du parc des Lençois, je reste sans voix.
Avec l’énergie propre à cet âge, je remonte inlassablement les dunes de sable et me laisse rouler jusqu’à tomber dans l’eau douce. 5 fois, 10 fois, 100 fois, je ne me souviens plus. Avec le temps, les détails s’en vont, mais l’intensité des souvenirs restent. 
 
Avant de repartir vers São Luis, nous nous arrêtons au bord d’un fleuve le temps d’une dernière sieste. Un toit de paille, quelques tables et 2 rangées de hamacs font office de restaurant. 
Un jeune garçon sort de la cuisine, probablement le fils du propriétaire. Il doit avoir 13 ou 14 ans et si nous sommes de stature semblable, il dégage une forte aura, une autorité naturelle. 
Quand il me propose de plonger dans le fleuve avec lui pour pêcher des crabes, j’accepte sans vraiment savoir ce que je fais, ni même si j’ai bien compris sa proposition. Nous partons pour une demi-heure de barbotage dans le Rio Preguiças, traduisez par “Rivière Paresse” pour le calme de ces eaux. Pourtant, l’eau est trouble et je n’y vois rien. Je ne serai jamais pêcheur de crabes, c’est acté. 
Mais je profite de l’instant, le grave dans ma mémoire. 
 
Le parc des Lençois Maranhenses, c’est ça. 
 
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Et, en cette soirée d'avril 2019, me revoilà. 
L’arrivée à Atins se fait par bateau, dans l’obscurité. Dans cette région du Brésil, il fait jour à 05h30 et nuit à 18h00. Traduisez : on se lève et on se couche tôt. Je débarque sur le port improvisé, une plage perdue au bout du village. Le trajet jusqu’à la pousada se fait à la lampe-torche. Ici, à l’entrée du Parc des Lençois Maranhenses, l’accès à l'électricité est plus que limité.

La journée a été longue depuis Fortaleza et je suis épuisé. Pourtant, je pose mes affaires et repars pour le centre afin de trouver de quoi dîner. Je trouve mon bonheur dans la pizzeria de Marco, un Italien installé dans ce bled depuis une dizaine d'années. Un homme adorable dont le mélange d’Italien et de Portugais Brésilien fait voyager. Il se met à pleuvoir et je presse le pas pour échapper aux grosses gouttes tièdes ainsi qu’aux chiens errants qui jappent et menacent de me croquer les mollets.

Pas question : j’en aurai besoin pour le trek du lendemain. 
Direction mon lit et la sainte moustiquaire. Demain, le guide vient me chercher à 03h30, mieux vaut ne pas s’attarder. 

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Comme tous les réveils à l’aube, les yeux sont collants, les traits tirés et la bouche sèche. 
Assis devant ma chambre, à travers les persiennes, je devine une ombre assise sur le muret faisant face à ma pousada. C’est mon guide pour la traversée. J’évite de replonger dans un sommeil certain et je sors de mon lit. À sa silhouette que je devine avec les premières lueurs de l’aube, c’est un homme de petite taille. 1m60 tout au plus. 
Brèves salutations, l’essentiel se faisant par des gestes. Avec son fort accent local, je comprends un mot sur deux à ce qu’il raconte, alors que je suis dans le pays depuis plus de 2 ans maintenant. Mais je devine ses intentions. Il y a des instincts pour toutes les rencontres. La peur ne fait ainsi pas partie du voyage. 
 
Un véhicule nous emmène en lisière du village et nous commençons la marche qui se fait pieds nus. J’avance dans la pénombre sans me poser de questions.
Je suis fatigué, je n’y vois rien mais j’ai deux certitudes : je marche dans le sable et mon nouvel ami lui, marche vite, très vite. Son pas est rapide, vif et d’une assurance déconcertante. 
Le jour se lève peu à peu… Le décor qui nous entoure commence à se dessiner. Suis-je en train de marcher dans les nuages ? C’est l’impression que cela me donne. D’être encerclé de courbes abstraites, qui n’en finissent pas.
 
Puis c’est le whaou, l’émerveillement !!!
Avec le soleil qui pointe le bout de son nez, tout reprend forme dans ma tête. Je redécouvre ce mélange de dunes et de lagunes bleu turquoise. C’est le parc des Lençois Maranhenses. Je découvre aussi le visage de mon guide : Diel, l’un des derniers natifs de ce désert.
Ancien pêcheur, il connaît tous les recoins du parc des Lençois. Tellement bien qu’en 2004, l’équipe de production du film “Casa na Areia” l’engage pour être guidée dans les plus beaux spots du désert. Il accepte et se reconvertit alors en sa nouvelle vocation, guide. 
La peau bronzée, tannée par près de 50 ans de vie dans cette région, je lis dans ses yeux les vestiges d’une vie difficile et la détermination de ceux qui n’abandonnent jamais. J’espère qu’il lit dans les miens la curiosité espiègle des âmes loin de leur maison. 

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Pendant ce voyage de 3 jours, nous parcourons près de 60 kilomètres entre le village d’Atins et celui de Santo Amaro, aux deux extrémités du désert. Nous dormons dans les rares oasis chez les derniers habitants du parc, en hamac. 
 
Je retrouve la joie oubliée de dévaler les dunes pour me laisser tomber dans l’eau douce des lagunes. Celle de me sentir comme Luke Skywalker dans les paysages arides de Tatooine. 
Et je découvre des émotions, des sensations nouvelles. 
Le petit frisson d’angoisse pour maintenir son sac sur sa tête hors de l’eau lors des traversées des lagunes et rivières; exercice rendu difficile à cause du sol glissant et argileux.
La satisfaction de se baigner nu dans les lagunes au coucher du soleil, véritable rite de passage. 
Le plaisir coupable doublé d’un soupçon de gêne quand Diel se propose de me faire un petit massage de pieds, usés par les kilomètres de randonnée. 
 
Sacré personnage ce Diel !!!
 
J’ai appris son histoire pleine de désillusions, de rebondissements, de joie aussi. Il m’a montré la maison où il est né, nichée dans une des oasis du parc, aujourd’hui engloutie par le sable. Il m’a présenté les autres habitants de ce désert impitoyable. Comme Moacir et Dete, couple attendrissant de l’oasis Baixa Grande; mais aussi Maçu et Bilu, ses propres cousins. 
Entre amusement et tristesse mais toujours avec émotion, j’ai écouté leur parcours, leurs anecdotes de vie et leurs craintes sur l’avenir de leur habitat tantôt délaissé, tantôt convoité par le Brésil moderne
 

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Et sans le savoir, ils m’ont permis de renouer avec le passé, avec ce parc incroyable jamais oublié. Sans eux, j’aurais probablement été déçu du voyage. Cette madeleine de Proust n’aurait pas eu cette saveur du Nordeste
Redécouvrir les Lençois au travers de ces habitants m’a évité la déception et m’a donné une bonne raison de revenir, sans attendre 20 ans cette fois-ci. 



 

Ma découverte du Brésil et du Lençois Maranhenses

Mon retour dans ce désert du Nordeste brésilien

Départ à l'aube pour les Lençois

Trek de 60km dans le désert accompagné de mon guide local

Retour sur un séjour authentique au Brésil

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